CMPEP

COLLECTIF MÉDICAL POUR PARENTS D'ENFANTS PLACÉS

En centralisant ses ressources et ses efforts sur la mise sous protection des mineurs en danger dans leur développement, la politique publique en matière de protection des mineurs délaisse la prise en charge et le suivi des parents d’enfants placés. Malgré l’accompagnement des parents durant le placement de leur enfant, le faible soutien à la parentalité qu’offre la politique publique représente un risque pour les autorités puisqu’il est susceptible d’engendrer des placements longs et coûteux sans offrir de réelles perspectives de retour du mineur dans sa famille d’origine.

Rapport de la Cour des comptes, Protection des mineurs: mesures liées au placement, 2016, p. 81.

ARGUMENT

 

Les parents d'enfants placés que nous rencontrons dans nos consultations semblent soumis à une cascade de traumatismes générés par:

  • la séparation parent-enfant;

  • les expertises psychiatriques qui refusent de prendre en considération l'"amputation" vécue et ses conséquences;

  • les procédures administratives et juridiques liées à la protection des mineurs;

  • la spirale conflictuelle entre parents et institutions;

  • les exclusions;

  • les coercitions successives;

  • les dettes liées aux frais d'avocat et d'expertise pouvant aller jusqu'à 100'000 francs suisses;

  • les délais des procédures et des placements prolongés jusqu'au désespoir, etc.

Cette série de traumatismes est déniée par les procédures engagées qui sont fondées sur la conviction (prouvée par des expertises psychiatriques) que les parents sont malades. Or les expertises en question sont systématiquement contestées par les professionnels de la santé, les parents et les avocats. Ainsi, les traumatismes iatrogènes et institutionnels ne sont jamais interrogés/traités et restent, par défaut, dans l'angle mort d'une compréhension holiste des tableaux cliniques présentés par ces personnes.

 

CMPEP tente de répondre à une question majeure de la santé publique: quelles sont les conséquences psychologiques et somatiques d'un placement d'enfant pour les parents?

MISSION

 

## Examiner les effets cliniques, psychologiques et somatiques générés par les placements d'enfants et par les procédures liées à la protection des mineurs, effets actuellement déniés par les intervenants des réseaux.

## Décrypter, dans une perspective critique, sociale, psychologique et culturelle, les dynamiques à l’œuvre et les effets potentiellement pathogènes des institutions.

## Proposer une prise en charge médicale fondée sur une connaissance approfondie et scientifique des facteurs en jeu lors d'un placement d'enfant.

## Sensibiliser les réseaux de protection des mineurs par rapport aux effets constatés.

## Engager une action sociale et politique.

MEMBRES CMPEP

 

Vesna Dramicanin, psychologue, psychothérapeute FSP

Gabriela Bivol, médecin, spécialiste de la douleur, hypnothérapeute

Alex Groza, psychologue, psychothérapeute FSP

Marcela Lazzari, médecin, pédiatre FMH

Liviu Poenaru, Ph.D., psychologue, psychothérapeute ASP

Stéphane Scherrer, psychologue, psychothérapeute FSP

Ella Schlesinger, Ph.D., psychologue, anthropologue, enseignante

Anca Siclusan, psychologue, psychothérapeute FSP

 
 

 

 

Pour un aperçu des problématiques préliminaires, lire le texte de L. Poenaru, Enfants placés: la confusion protection-violence institutionnelle. 

 

 

BIBLIOGRAPHIE CMPEP

La communication est souvent du côté du pathos et de la gourmandise du pire. Les jugements sont hâtifs, la pensée complexe fait défaut. Le recours au clivage et à une pensée binarisée est privilégiée. Le déni, mécanisme de défense qui permet de moins souffrir en s’adaptant à un réel incohérent et insupportable et, potentiellement de nature traumatique, est convoqué.

 

Bauchot, L. (2018). Souffrances et difficultés des professionnels en protection de l’enfance. Approche clinique et institutionnelle. Médecine thérapeutique / Pédiatrie. 21(4).