On pourrait dire que le sujet patriarco-colonial moderne utilise la majeure partie de son énergie psychique à produire son identité binaire normative : angoisse, hallucination, mélancolie, dépression, dissociation, opacité, répétition… ne sont que les coûts psychologiques et sociaux générés par le double dispositif d’extraction de la force de production et la force de reproduction. La psychanalyse n’est pas une critique de cette épistémologie, mais la thérapie nécessaire pour que le sujet partriarcal-colonial continue à fonctionner malgré les coûts psychiques énormes et la violence indescriptible de ce régime. Face à une psychanalyse dépolitisée nous aurons besoin d’une clinique radicalement politique qui commence par un processus de dépatriarcalisation et de décolonisation du corps et de l’appareil psychique (p. 84-85).

Paul B. Preciado, Je suis un monstre qui vous parle. Rapport pour une académie de psychanalystes, 2020.

 

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