top of page
POENARU_tube_b copie.jpg
LIVIU POENARU _INCONSCIENT ÉCONOMIQUE

Écouter, dans un cadre clinique, l’énonciation individuelle dans sa singularité, c’est écouter un orchestre symphonique où joue simultanément ou alternativement les instruments du pouvoir, de l’esthétique, du social, de la guerre économique, de l’histoire (comme de l’Histoire et de leurs conditionnements), de l’affect, du sexuel, de la vie, de la mort, du chaos, de l’infini.

 

L. Poenaru, L'inconscient économique. Approche transdisciplinaire. (work in progress).

L’agenda névrotico-borderlino-capitaliste fait référence, de mon point de vue, aux structures normales et pathologiques de la personnalité (théorisations initiées par Freud et développées par Bergeret dans “La personnalité normale et pathologique”, 1974). L'objet de la pulsion, tel qu’il est décrit en psychanalyse, est différent de l'objet-marchandise décrit par Marx tout en étant dans une interdépendance, car tout objet interne exige un objet externe (subissant des jeux défensifs de déplacements et de condensations). Pour atteindre son but, la satisfaction, la pulsion recherche des objets (personnes, corps propre, objets partiels, réels ou fantasmatiques, etc.) ; l’objet serait corrélatif de l'amour et/ou de la haine. Dans les théories structurelles de la personnalité, l'angoisse de perte d'objet serait centrale dans les personnalités dites "limites" (borderline ou astructurée); ce type d’angoisse serait fondée sur une relation d’objet de type anaclytique (besoin pathologique de s’appuyer sur des objets) dont l’objet est défendu par le clivage, la projection, le passage à l’acte, etc. Deux autres structurations de la personnalité sont au cœur de ces théorisations, chacune se caractérisant par des angoisses et des relations d’objet différentes: 

  • structure névrotique caractérisée par une relation d’objet dite génitale; l’angoisse de castration est au premier plan et l’objet est défendu par le refoulement, la rationalisation, l’isolement de l’affect, etc.  

  • structure psychotique caractérisée par une relation d’objet dite fusionnelle; l’angoisse de morcellement est au premier plan et l’objet est défendu par le déni, l’hallucination, le délire, etc. 

 

Au vu de ce qui précède, nous pouvons considérer que l’agenda névrotico-borderlino-capitaliste œuvre activement à la structuration/programmation/production d’un individu écartelé entre la structure névrotique et la structure borderline. Autrement dit un individu suffisamment normal et suffisamment pathologique. Suffisamment névrotique, castré et soumis comme un soldat de la guerre économique, capable d’utiliser prioritairement le refoulement, la rationalisation et l’isolement de l’affect, et simultanément suffisamment borderline afin de s’assurer qu’il soit dans une relation d’objet de type anaclytique, dans l’impulsivité et le débordement émotionnel assurant le passage à l’acte consumériste; cela suppose en outre l’instabilité de l’image de soi imposant un remodelage permanent, via des interventions consuméristes, de son apparence toujours insatisfaisante face à la propagande du progrès, de l’innovation et du développement (personnel) qui rend le sujet obsolète. Dans ce contexte, nous pourrions avancer l’hypothèse que les deux structurations (névrotique et borderline) ont été artificiellement produites par le pouvoir capitaliste/colonialiste à des fins de profit. Il va de soi que les structures psychotiques et plus largement pathologiques ("refusant" le programme normativo-militaro-industriel) ne sont pas rentables pour cet agenda et sont à exterminer voire à enfermer dans des asiles psychiatriques. 

 

 

Extrait de L. Poenaru, L'inconscient économique. Approche transdisciplinaire [work in progress].

BRUTALISM_TUBE.jpg

Traiter l’inconscient

sans la perspective critique

et sans

le tiers théorique

n’est-il pas

une manière

de reconsolider

l’inconscient normatif?

bottom of page